Propos pertinents du professeur Slim Laghmani sur le discours de Hamadi Jebali

 Slim Laghmani
Professeur de droit

A propos non pas d’ « al Khilafa Essadissa » qui est une pure utopie, mais de l’ensemble du discours et surtout de ce passage :
"... البعض ربّما يقول هذا خطاب ديني، لا نفرّق، هذا خطاب رباني"
 
Jebali a-t-il été victime d’un lapsus linguae (زلة لسان) ? Non. A-t-il commis une erreur politique ? Oui. Est-il bête ? Non, loin de là. Il a assumé une erreur politique NECESSAIRE, mais unilatérale. 
Devant sa base militante pouvait-il dire autre chose? Il savait qu’il était nécessairement filmé enregistré etc. etc., il savait ce qu’il disait, mais ne pouvait pas dire autre chose devant ceux qui ont apporté à son parti 37 % des voix exprimées, ces militants et militantes qui ont frappé aux portes, supporté la faim et la soif, payé de leur poche pour que يأت نصر الله. 
La classe politique et les media et les modernistes, « la terre peut attendre ». Allait-il leur parler de démocratie, d’alternance, d’autonomie de l’individu, d’égalité des genres, des droits de l’Homme (d’ailleurs, entre ces parenthèses, l’expression « droits de l’homme » n’est pas utilisé par Ennahdha, qui lui préfèrent le mot «droits» sans plus : droits de qui ?) ? Allons donc ! Il aurait été hué, conspué, des gens seraient sortis comme des supporters avant même que l’arbitre ne siffle la fin quand ils savent que leur équipe a déjà perdu.
L’erreur politique, au sens que Machiavel donne à ce mot, n’a pas été de dire ce que Jebali a dit, mais de le lui faire dire à lui "futur premier ministre". 
L’erreur a été de le discréditer en tant que premier minister des Tunisiens de tous les tunisiens, l'erreur politique vient d’encore plus haut.

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